Le début du Ramadan repose sur l’observation du croissant lunaire, appelé hilāl, qui marque l’entrée dans un nouveau mois du calendrier musulman. Cette règle, issue des traditions prophétiques, a longtemps été appliquée de manière concrète : des témoins observaient la lune et validaient ainsi le début du jeûne. Avec les avancées scientifiques, il est désormais possible de prévoir avec précision la naissance et la visibilité du croissant. Certaines institutions ont donc choisi de s’appuyer sur le calcul astronomique pour fixer les dates à l’avance, facilitant ainsi l’organisation dans des sociétés modernes. D’autres acteurs religieux restent attachés à l’observation directe, considérée comme plus fidèle aux textes fondateurs. Entre ces deux approches, des positions intermédiaires existent, combinant données scientifiques et observation visuelle. Cette diversité d’interprétation, appelée ikhtilaf dans la tradition islamique, est ancienne et reconnue. Elle explique pourquoi, en France comme ailleurs, plusieurs dates de début du Ramadan peuvent coexister sans remettre en cause le sens spirituel du jeûne.